SXSW 2017 – Mieux que Elon MUSK avec Numerama, l’annonce par Mary Lou JEPSEN de la deuxième version de l’orthèse intellectuelle

SXSW 2017 – Mieux que Elon MUSK avec Numerama, l’annonce par Mary Lou JEPSEN de la deuxième version de l’orthèse intellectuelle

“Oubliez le débat homme/machine, passons au débat sur la communication directe cerveau/cerveau”

Tech ou communication ? Et si le concept d’iPhone inventé par Steve Jobs était condamné ?
Retour de  voyage de veille INNOCHERCHE au SXSW par Bertrand Petit

Cerveau

Presque jour pour jour 10 ans après le lancement de l’iPhone comme orthèse intellectuelle par Steve Jobs qui nous fait basculer depuis 2007 dans une nouvelle ère de l’humanité, celle de l’homo sapiens avec orthèse intellectuelle, une annonce extraordinaire a été faite au SXSW 2017 par Mary Lou Jepsen, fondatrice de Openwater.

Mary Lou Jepsen a un pédigré tout à fait impressionnant ; études au MIT où elle a un PHD en optique, puis alternance de jobs dans les grands groupes (Intel, Google, Facebook), au MIT Medialab et dans les startups.  C’est elle qui fonde l’ONG  « One Laptop per child » qui développe puis commercialise des Laptops à 200$.

Plus récemment chez Facebook en charge du projet de Réalité Virtuelle après le rachat de Occulus, elle s’aperçoit que les écrans de Smartphone deviennent souples et ont aussi de plus en plus de pixels ; ils auront bientôt des pixels de la taille d’un neurone. Et puis un jour, elle tombe sur un article qui explique que l’on peut faire de l’holographie avec de la lumière cohérente diffractée à travers la peau. Il lui vient alors l’idée de faire un casque de vélo high tech à 2000$ composé de multiples écrans de Smartphones souples, mis tout autour du crâne, qui vont à la fois émettre en infrarouge, ce qui n’est pas dangereux pour le cerveau, et recevoir l’onde retour pour faire, en temps réel, une image 3D du cerveau.

Son premier objectif à terme de 3 ans est dans le domaine purement médical.

Elle prévoit de révolutionner le marché de l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) en divisant par 1000 le coût des appareils qui passeraient de 2 M€ l’unité aujourd’hui à 2000€ dans 3 ans.

Premier impact évident dans les pays en voie de développement où il y a deux machines IRM pour 1 million d’habitants contre quarante machines aux Etats-Unis pour 1 million d’habitants.

On peut envisager de nouvelles applications portables pour cet IRM low cost comme détecter les premières tumeurs du sein. Bref, l’image digitale à bas coût pourrait changer bien des choses dans le domaine de la prévention… et aussi dans celui de la guérison.

En effet, aujourd’hui, Mary Lou JEPSEN a des appareils pilotes qui ont une précision d’images au niveau du millimètre cube identique à celle des gros IRM et dans 5 ans, elle sera au niveau du micron soit la taille du neurone. Et elle pourra éventuellement envoyer une petite onde électrique, exactement sur le neurone cible comme aujourd’hui, on met une petite épingle dans le cerveau du singe ou du rat pour stimuler telle et telle partie de son cerveau avec des petits courant électriques. A moyen terme on peut espérer ainsi soigner  les épileptiques, empêcher la croissance de protéine tau chez les malades Alzheimer … bref  ouvrir de nouveaux champs d’analyse et d’intervention médicale.

Ce qui rend sa promesse tout à fait crédible c’est qu’elle utilise des pièces construites pour le smartphone grand public dont la production de masse pour le futur est déjà décidée.


Deuxième impact en dehors du monde purement médical qui déclenche un effet super Whaoo :

Transmission directe de cerveau à cerveau.

Aujourd’hui, lorsque vous êtes dans l’appareil d’IRM et que l’on vous pose une question, on voit la zone stimulée par la question et l’on peut alors imaginer ou même anticiper la réponse que vous allez donner… avant que vous ne la formalisiez avec votre bouche !

Donc dans 5 ans, avec cette nouvelle orthèse intellectuelle de deuxième génération, potentiellement démocratisée aussi vite que celle de Steve Jobs, – vous pourrez communiquer de cerveau à cerveau entre  deux personnes ayant un casque sur la tête… sans avoir à utiliser ce vieil interface naturel trop lent qu’est la parole.  Ça c’est Whaooo !!!

Les questions éthiques vont être nombreuses. Par exemple, la police peut-elle obliger un suspect à porter ce casque lors d’un interrogatoire ? Dans le domaine de l’éducation, peut-on et doit-on, favoriser ce nouveau type d’apprentissage par communication de cerveau à cerveau qui donnerait du savoir sans avoir à apprendre ?

Ceci me rappelle le TED talk de Mars 2014 où Ray Kurzweil, apôtre de la singularité et du transhumanisme aussi bien chez Google qu’à la singularity university de Mountain View, affirmait pouvoir faire communiquer les cerveaux directement entre eux à l’horizon 2030.

Avec le casque à vélo high tech à IRM intégré, c’est pour 2022 plutôt que 2030 et surtout la méthode est beaucoup moins invasive que celle évoquée par Ray Kurzweil ou celle annoncée par Elon Musk dans son projet Numerama (avec un objectif diamétralement opposé à celui de Ray)qui consisterait à greffer une puce, un implant, dans le cerveau pour le connecter au cloud. Au moins avec ce futur casque vélo, on peut  débrancher la communication en enlevant le casque quand bon vous semble.

Etant donné la crédibilité scientifique et entrepreneuriale personnelle de Mary Lou JEPSEN et le fait qu’elle va utiliser de la techno de masse, on peut vraiment prendre au sérieux son annonce, aussi bien sur le timing de ce lancement que sur le coût annoncé : les premiers casques à 2000$ sur le marché dans 3 ans pour faire de l’imagerie et, dans 5 ans, la possibilité d’intervenir au niveau du neurone pour commencer la communication cerveau/cerveau.

Comme pour toutes les grandes révolutions technologiques, tout arrive trop vite étant donnés les débats éthiques préalable qu’on devrait avoir … mais que l’on n’aura vraisemblablement pas. Au delà de la réflexion embryonnaire actuelle sur l’interface homme/robot avec intelligence artificielle et son niveau de contrôle par l’homme il faudrait lancer dès maintenant le débat éthique et moral sur la communication cerveau/cerveau qui n’utilise plus les interfaces homme/homme que sont la parole ou l’écriture…

Bertrand PETIT, President d’InnoCherche – 27 Mars 2017

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